Dernière modification le : Samedi 9 Juin 2007 à 09:09:28.
Le port aux boutres de Stone Town est un lieu magique où flotte encore une odeur d'épices mêlée à celle des commerces et trafics en tous genres. L'âme des grands voyageurs et aventuriers du XIXème siècle hante encore ce lieu
STONE TOWN
Le port aux boutres
Le port aux boutres
Même si le spectacle d'une arrivée aérienne à Zanzibar ne laissera personne de marbre, il reste incomparable à celui d'une arrivée par l'océan. Si en plus, on n'arrive pas de Dar-es-Salam par un de ces horribles catamarans qui font leurs rotations quotidienne, mais sur un bateau moins rapide, voire un voilier, on a alors grandement le temps de découvrir des kilomètres de plages blondes et de s'imprégner de l'âme de cette île.
Le comble du luxe esthétique et émotionnel serait bien entendu d'y accoster à bord d'un de ces boutres qui sillonnent l'Océan Indien et la Mer Rouge depuis des siècles, le fameux boutre de Zanzibar, différent de celui de la Mer Rouge, des Comores ou de Madagascar tout en étant proche. Suivant son origine, sa coque est plus ou moins ronde, sa voile triangulaire ou carrée, son mât vertical ou légèrement incliné vers l'avant... De petites différences nées des spécificités climatiques de la région d'origine. Ici, à Zanzibar, la coque est moyennement effilée, le mât penche vers l'avant, plus ou moins selon le vent, et la voile est triangulaire.
Un boutre sort du port de Zanzibar City dans le soleil couchant : la carte postale la plus classique de Zanzibar...
La chose n'est guère aisée à réaliser, mais on peut rêver et imaginer ce que serait alors cette arrivée. Après quelques jours de voyages, vous appercevez une mince ligne verte à l'horizon. Juste une ligne. On est loin de l'image de ces îles volcaniques dont le sommet est immanquablement masqué par un épais cumulus blanc. Juste une ligne verte parce qu'Unguja est plate, comme une crèpe posée sur l'océan. A mesure que la côte se rapproche, la ligne s'épaissit, l'eau s'éclaircit, passant du bleu profond du grand large, un bleu voisin du noir, à un turquoise flirtant avec le vert.
Si vous arrivez à Zanzibar en provenance de Dar-es-Salam, vous arriverez par le port commercial de Zanzibar City. Tout à côté de ce port qui n'a aucun chrme, vous verrez le "Port aux Boutres". Innaccessible à partir du port commercial, il vous en faudra sortir pour rejoindre le port aux boutres. Vous prendrez la première route à gauche et la suivrez jusqu'au bout. Vous atteindrez alors un vase terre-plein qui descend vers la mer.
Une vaste place descend vers l'océan, théâtre d'une intense activité.
Sur la gauche de cette place, un marché au poisson permet aux pêcheurs d'écouler le fruit de leur pêche. Les poissons de toutes espèces s'étalent sur des tables de bétons séparées par un petit muret. Chacun a sa spécialité : ici, des thons, là des poulpes volumineux aux tentacules interminables, un peu plus loin, des poissons au long museau, des calamars... Nez sensibles, s'abstenir!
L'outil de base du négociant en poisson à Zanzibar : un vélo équipé d'un panier tressé qui va permettre de dispatcher la pêche du jour dans toute la ville, sur tous les marchés.
Le port aux boutres n'est pas exclusivement réservé à la pêche. De nombreux boutres en provenance des autres ports et des autres îles de la région arrivent, porteus de marchandises et matières premières très variées.
Arrivés à terre, dès que la marée descend, rendant le bateau accessible à pied, le lent et régulier ballet des hommes qui débarquent les marchandises livrées. Tout se fait à dos d'homme : aucune grue pour les aider dans leur tâche, ni même une charrette à bras qui aurait de toutes façons bien du mal à se déplacer sur un sol inégal, encombré de pierres et de trous.
La vente se fait avant même de toucher terre. Les acheteurs se précipitent dans l'eau afin d'être le premier à faire son chaoix. Une véritable foire d'empoigne commence alors.